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Loïc COUSIN

Loïc COUSIN

Loïc COUSIN

Après ses années de formation musicale à l’École de musique de Calais, Loïc Cousin intègre le Conservatoire de Lille où il étudie le piano, l’accompagnement et la musique de chambre, le chant et la direction de chœur, l’analyse et l’histoire de la musique. Il se produit sur scène comme artiste des chœurs, notamment dans Les Noces de Figaro, Carmen ou encore Les Mamelles de Tirésias. En tant que musicien d’orchestre, il joue dans Le Médium de Menotti et Roméo et Juliette de Prokofiev. Professeur de piano et accompagnateur dans des écoles de musique, il dirige également des chorales d’amateurs aux répertoires allant du classique aux variétés. Il développe par ailleurs son attrait pour la pédagogie en suivant le cursus de Sciences de l’éducation à l’université Lumière-Lyon 2.

Il se perfectionne en écriture au CNSMD de Lyon où il obtient son Master en 2012 et aborde la composition, en particulier pour les ensembles vocaux. Il dirige actuellement des groupes variés : Le Parellier au Centre Social de Parilly et Margue’Rythme au Centre Social de Champvert, le Chœur des États-Unis et l’ensemble vocal Chut, On Chante à Lyon 8, Chœur de Lune et Luna’Tic à la MJC de Tassin. Il compose et arrange régulièrement des chansons pour ses chorales dont il a la charge.


  Réhabilitation doit sa création à un concours de composition pour choeur en       mars 2012, dont le sujet était la commémoration de Jeanne d'Arc. Jugée hérétique   et relapse, condamnée et brûlée vive le 30mai 1431, Jeanne d'Arc est absoute         vingt-cinq années plus tard au cours de son procès enréhabilitation. C'est le texte     de ce procès – en latin – qui est à la base de l’oeuvre, texte dont ont été extraits et   sélectionnés quelques passages essentiels qui aboutissent au verdict l'exemptant   de tout crime.

  Loin des fanatismes et des récupérations contemporaines, Réhabilitation est avant   tout l'évocationd'une époque, la restitution d'un événement, l'affirmation de               l'innocence. Musicalement, c'est un trajet de l'ombre vers la lumière...

 

 

Application


"Une mélodie Roses dans la nuit dans le style de Debussy, un lied intitulé Klage inspiré par
Webern, An einen Boten, pièce pour choeur a cappella à la manière de Brahms... les compositions des premières années de mon cursus placent déjà la voix au centre de mes intérêts. La voix se retrouve également au centre de mon projet de master avec l'écriture de mélodies dans le style de Poulenc à partir de poèmes d'Apollinaire, écrivain cher aux yeux du compositeur.

Cette réalisation, sujet de mon travail de recherche, dévoile quelques manières qu'a la musique de faire vivre la poésie, de lui être complémentaire, d'en souligner certains aspects.
Ma démarche visant à mettre en musique la poésie s'ouvre à d'autres genres et à d'autres
effectifs. En allant chercher des obus permet de remplacer la voix par des voix, et le piano par
plusieurs instruments. Apollinaire demeure l'instigateur de cette oeuvre par un poème épistolaire de plus grande dimension qui mêle à la fois le climat de la guerre et l'érotisme des songes. L’oeuvre qui en est tirée prend des proportions plus amples que les mélodies, par sa durée plus longue, et par son effectif, choeur mixte et huit instruments (flûte, hautbois, clarinette, piano et quatuor à cordes). La référence à Poulenc y est moins explicite, même si des tournures mélodiques et des procédés harmoniques peuvent s'en approcher.

Cette recherche d'un style personnel se poursuit dans L'Alouette sur un genre qui joint au
vocal le dramatique. Il s'agit toujours de mettre en musique un texte, mais à partir d'un découpage
de la pièce de théâtre éponyme de Jean Anouilh afin de créer quelques scènes d'opéra, comme a pu le faire Poulenc pour composer les Dialogues des Carmélites. La trame du drame est conservée, tout comme les situations, les caractéristiques des personnages et la plupart des ressorts de l'action. La partie chantée se rapproche de la voix parlée ou déclamée, ce qui implique une conception et une mise en forme différentes des oeuvres précédentes.


Enfin, la quatrième pièce du récital, Réhabilitation, utilise comme support un texte en latin,
extrait du procès en réhabilitation de Jeanne d'Arc. Il n'est ni poétique ni littéraire, il n'est qu'un
compte-rendu des témoignages et des décisions du jury et n'a donc aucune vocation artistique : le texte se fait prétexte à l’oeuvre composée. Le choeur est a cappella, ce qui oblige à trouver des
subterfuges à l'absence d'instruments. Les références artistiques s'élargissent, les écoutes et analyses de Clément Janequin comme d'Arvo Pärt ayant nourri mon langage de compositeur."